Eléménts de Bio

Dans les années quatre-vingt, musique, chansons et petites scène à Lyon. Premiers passages sur la scène de France Culture au Printemps de Bourges, c'est ce qu'on peut appeler le début d'une carrière. S'ensuit une tournée sur les petites scènes régionales, puis l'enregistrement public du premier disque autoproduit, La Parole de l'autre.

Années quatre-vingt dix : Jean-Claude Barens est devenu le producteur de Véronique Pestel. Elle chante partout en France et souvent en Europe. Deux disques paraissent : Laisser-courre en 1995 (Prix Charles-Cros) et L'appeau des mots en 1997.

Années deux-mille : début de sa collaboration avec le compositeur et pianiste Michel Précastelli avec lequel elle réalise les albums Babels en 2001, puis Canis Bulle en 2005, La vie va, Rag' en 2009. Elle reçoit le Prix Jacques Douai. Nombreux spectacles en France, et escales en Ecosse, en Irlande, au Japon, en Haïti et en Amérique (Colombie, Equateur et Québec). En 2011-2012, création d'un nouveau spectacle avec Michel Précastelli, Saisons. Belle tournée du Caf' Conf' Aragon en France, en Allemagne, en Autriche et à Cuba, avec enregistrement en studio de ce spectacle en octobre 2012 qui reçoit le Prix Charles-Cros 2013. Création de Paroles de sages, femmes de parole en décembre 2012 à L'Esprit Frappeur en Suisse et actuellement en tournée.




Bio

Je commence par naître à la maternité de Fontenay-Aux-Roses en banlieue parisienne, le 6 mars 1960. Je suis nourrie au biberon de lait par toutes les bonnes volontés passant à ma portée, puis aux bouillies de froment et purées de légumes par ma maman, et enfin aux crêpes, beignets, clafoutis, gâteaux au chocolat, meringues, brioches, pommes au lard par ma mémé qui m'apprend, dans la foulée, à lire et à écrire. Ma mamie fait tout brûler mais elle m'enseigne le piano et m'emmène partout avec elle, même loin, en caravane, avec des sandwiches et des chansons. A l'âge de quatre ans j'ai donc tout en main pour faire un bon auteur-compositeur-interprète : je sais écrire, pianoter, chanter, voyager et suis facile à nourrir.

A six ans, école primaire, conservatoire de musique et cours de danse. J'ai horreur de tout ça. Mais j'adore lire (Le club des cinq, Tintin, Astérix et Tout l'univers), jouer du piano, et courir dans la rue. Après je rentre manger les crêpes, beignets, etc. en faisant mes devoirs. Je suis grasse, rousse et bonne élève. J'adore toutes les chansons à la mode (de Brassens aux Yéyés), je monte sur les tables pour chanter Pierre Perret aux mariages, et Tino Rossi à Noël... Mamie dit : « Elle finira sur les planches ».

Années 70 : Les années de collège. Au début j'aime surtout le sport, la pop music et les magazines pour la jeunesse. Ensuite je préfère Baudelaire, Rimbaud, Sartre, Camus, Vian, Prévert... Je commence à écrire des poèmes et de la musique.

Au Lycée je choisis une filière artistique et musicale qui m'offre une bonne base de culture générale dans ces domaines. Je tombe sous le charme de la chanson poétique : Albertine Sarrazin chantée par Myriam Anissimov, Aragon par Ferrat, et bien sûr, Barbara, Ferré, Nougaro, Brel. Au piano j'aime jouer Bach, Beethoven, Chopin, Ravel, Satie... mais aussi les ragtimes de Scott Joplin et les boogie-blues.

Entre les cours je vais voir Paris : les musées, les cafés, La librairie des Femmes de la rue des Saints-Pères, les petites salles de cinéma d'Art et d'Essai, les concerts gratuits dans les églises...

 A 18 ans, fac de philo, à Tolbiac puis à la Sorbonne. Bien sûr je préfère Nietzsche à Platon, Spinoza à Pascal, c’est de mon âge, mais surtout je me cherche et me trouve dans l’exploration passionnée de deux extrêmes : Henri Miller et Marguerite Yourcenar. J’écoute beaucoup Anne Sylvestre et Henri Tachan auxquels « je réponds » en écrivant mes premières chansons.

Années 80. Mémé et Mamie s’en vont, ma gourmandise aussi. J’arrête le chocolat, le beurre, le sucre, les études, et je pars vivre à Lyon où je deviens chanteuse, pianiste de bar et aide-ménagère auprès des personnes âgées. Mon kaléidoscope s’enrichit et je découvre Anna Prucnal, Michèle Bernard, Angélique Ionatos, Giovanna Marini, les grandes passeuses de rives du passé au présent, de l’ici à l’ailleurs ; Pierre Philippe et Astor Piazzolla engendrent Jean Guidoni ; Sylvie Germain publie ses premiers romans et c’est la première fois qu’un écrivain de ma génération me touche. Peu à peu, j’apprends à connaître la richesse d'un monde artistique que les pouvoirs médiatiques et culturels ne reconnaissent pas, ou peu, et qui reste ignoré du grand public ; j’y vais quand même. J’enseigne le piano, prends des cours de chants, aime le peintre Vuillard, la campagne Drômoise et ne sais faire que le Pot-au-feu (mais bien).

J’enregistre artisanalement ma première cassette, Chansons sur choses à dire (1983), et commence à chanter régulièrement en public. Un producteur de pop anglaise (!) produit mon premier 45 tours : Mea Culpa (1985). Suivent dix années d’écriture et de spectacles qui donneront matière à mes deux premiers albums. Mon souvenir le plus fort de ce temps-là est le Tremplin du Printemps de Bourges (1988). Il est lié à toutes les personnes qui m’ont aidée jusque-là... Je rencontre alors Jean-Claude Barens, qui accompagne et soutient toujours ma carrière.

Années 90. Mon premier album, en public : La Parole de l’autre (1992) à Villeurbanne. Les tournées en régions me laissent d’aussi bons souvenirs que les salles parisiennes plus reconnues : Sentier des halles et Espace Dunois (1992) où je rencontre Nadine Jehl - qui fait depuis équipe avec JC Barens et moi - L’Espace Kiron (1993), Le Théâtre Sylvia Monfort et l’Auditorium St Germain (1994). Je fais, entre autres, les première parties de Nougaro, Guidoni, Reggiani, Greco, Vaucaire, Leforestier, Lara, Aubret, Enzo Enzo, Marie-Paule Belle, Julos Beaucarne, Ricet Barrier, Angélique Ionatos, et suis souvent invitée auprès d'Anne Sylvestre, Romain Didier, Michèle Bernard, Allain Leprest, Gilbert Laffaille et Christian Paccoud dont je me sens effectivement très proche. Je participe aux principaux Festivals francophones : Bourges, La Rochelle, Val -de-Marne, Hauts-de-Seine, Montauban, Zürich, Granby, Montréal, Boston, Barjac, Lignières, Artigues, Lausanne, Charleroi...

Chez moi, ce sont les années Colette, Giono, les années sensuelles, les années gourmandes – tiens, la gourmandise est revenue. Je viens vivre près du Lac de Genève. La culture prend un peu moins d’importance. La nature, les mots, la musique et l'amour ne perdent pas une miette de la leur. Je ne fume plus, j'apprends la cuisine des terroirs et parcours la route des vins quand l'occasion s'y prête...

A la suite de mon concert aux Francofolies (1994), Jean-Michel Boris m'invite à L'Olympia (1995). Jean-Claude Barens réunit les conditions pour que je m'y rende parée, d'un trio, de techniciens, et d'un second album, orchestré par Christian Boissel : Laisser-Courre (1995, Prix Charles-Cros).

J’écoute beaucoup de musique de chambre, ainsi que les chanteuses et pianistes de jazz américains. Je lis des livres sur le théâtre de Stanislawski, Jouvet, Peter Brook, Dario Fo, Ariane Mnouchkine. Je me concentre sur l’art d’interpréter et plus seulement sur l’art d’écrire. Je chante souvent à l’étranger, (tournées des Alliances Françaises et Instituts Français d’Allemagne et Europe de l’Est, Pays-bas). Il m’arrive de partager la scène avec d’autres musiciens, avec d’autres chanteurs, et même avec des danseurs (Des jeunes Gens, en 1997, chorégraphie de S.Wisnievski, autour de mes chansons). J’interprète souvent des textes qui ne sont pas de moi, et travaille parfois mes spectacles avec des gens de théâtre. Mon troisième album se joue au Théâtre de Dix-Heures, avec le chanteur-guitariste Pascal Tafuri : L’appeau des mots (1997).

Années 2000. Je vis toujours dans la vieille maison sur la colline au-dessus du Lac Léman. Mon quatrième album : Babels (2000) se fête en quartette au Café de la Danse (2002). Il est orchestré par Michel Précastelli ainsi que mon quatrième, que nous enregistrons en duo de pianos à L’Essaïon : Canis bulle (2005).

J’aime les films d’auteurs, les peintres qui peignent encore, les poétesses inconnues (pléonasme) et les penseurs qui m’aident à lever les yeux. Parfois le silence.

Le poète Géo Norge demande :
« Tu crois que c’est gai de vivre nu
Tout nu sur la pointe d’une aiguille ?... »
Le fantaisiste Pierre Dac répond :
« C’est déjà pas facile d’aller chercher le public là où il se trouve,
encore faut-il le trouver là où il se cherche ! »
Je suis là, entre les deux.

Véronique Pestel


   
 
   
   
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